Accueillir l’émotion pour retrouver notre pouvoir d’action

Depuis quelques mois, il nous arrive parfois de ressentir une sorte de malaise diffus.  Comme un sentiment d’insécurité, d’inquiétude ou de crainte. Et quelques fois, certaines manifestations physiques de tensions, ruminations, s’y rajoutent. Derrière ce ‘mal être’ qui s’installe, se sont une ou plusieurs émotions qui cherchent à s’exprimer et au(x)quelle(s) nous fermons la porte. Que ce soit par convenance sociale ou par méconnaissance de leur utilité ce simple geste entraîne des conséquences dont nous n’imaginons pas toujours l’ampleur.  L’émotion est une énergie qui a pour objectif de nous transmettre un message, et un moteur de l’action. La bloquer va nous mettre dans une situation de blocage, d’impossibilité d’action. L’expression de l’émotion est donc vital, car lorsqu’elle est réprimée, et que ‘ce’ qui nous affecte est inaudible, alors elle devient source de souffrance.

Parmi les émotions qui nous assaillent en ce moment, il y a notamment la peur (peur de la maladie, de l’isolement, de la précarité, …). Et la peur favorise l’inaction qui nous enferme dans la réflexion. Cette dernière laisse libre cours au développement de scénarios catastrophes grossissant la peur et la boucle est bouclée. Pour tenter de remplir son rôle d’alerte, l’émotion va donc continuer de revenir à l’assaut. C’est là que nous avons le choix, soit nous continuons de l’ignorer, et nous augmentons notre souffrance et perdons notre énergie. Soit, nous décidons de l’accueillir. Nous confronter à cette émotion peut générer un sentiment désagréable au début, et c’est normal. Car la confrontation implique un changement dans notre mode de fonctionnement. Nous allons quitter notre zone de sécurité (certes inconfortable en compagnie de la peur) pour franchir une zone d’insécurité, source de progression et d’action.

Retrouver le calme intérieur propice à l’action

Retrouver un climat propice à l’action nécessite  deux étapes : d’abord un exercice qui nous amène dans la conscience de soi dans l’instant et permet la détente, ensuite, un espace d’accueil de l’émotion. Pour faciliter cette seconde étape, nous allons choisir de nous offrir la même bienveillance et la même volonté de nous aider que nous aurions prodiguée à un enfant ou un ami proche qui serait dans la même situation.

Prendre conscience de ce qui est là 

Installons-nous quelques minutes dans un endroit calme et confortable, où nous ne serons pas dérangé. Choisissons la position assise, debout ou couchée, qui convient dnas l’instant.  Commençons par laisser nos yeux se fermer doucement (ou laissons les se perdre dans le vague) :

       Prenons conscience du contact de nos pieds dans le sol, des points d’appui notre corps avec le support (siège, tapis, sol).

        Portons maintenant toute notre attention sur notre respiration et, sans jugement, observons notre respiration, son amplitude, sa vitesse.  Sentons le va et vient du souffle qui entre et qui sort de notre ventre  nous pouvons y poser discrètement une (ou deux) main(s) afin de nous aider à capter les sensations.

        Ensuite,

o   Prenons conscience de notre front, en y posant nos mains pour le masser, le lisser ;

o   Nos doigts se déplacent pour masser nos sourcils, le contour des yeux, les ailes du nez en ajustant le geste au besoin de chaque zone;

o   Portons ensuite toute notre attention sur nos pommettes et nos joues : massons nos mâchoires, laissons notre bouche légèrement se relâcher et s’entrouvrir, baillons si nécessaire ;

o   Puis terminons par un massage attentif de notre cou, notre nuque.

Accueillir l’émotion

Dans un second temps, ouvrons-nous à l’émotion qui est présente, nommons-la : ‘ tiens, c’est de la peur, (de la tristesse, de la colère…)’. Où se loge-t-elle dans notre corps? Quelles sont les sensations présentes à cet endroit? Quelle est son intensité?

Accueillons ce qui est là pleinement, faisons une place à ce qui est présent, mentalement nous pouvons mettre des mots : ‘je sens que c’est difficile de ressentir de la peur et c’est cela qui est présent et c’est ok’. Prendre soin de notre besoin à nous n’est pas un exercice habituel, ni facile au début. Pourtant nous sommes le mieux placé pour le faire.

Posons-nous la question quel ton utiliserions-nous pour un proche dans pareille situation.  Peut-être un ton doux, des mots rassurants? Et pour nous-même, quels mots et quel ton utilisons-nous ? Testons l’auto bienveillance. De quoi avons-nous besoin maintenant pour accueillir cette émotion?

Serait-ce un regard bienveillant, un mot rassurant ou un geste de réconfort : voyons ce qui est juste pour nous. Nous pouvons nous prendre dans les bras, nous tenir la main.  Testons et soyons attentifs à ce qui résonne en nous, à notre ressenti. Si une partie de nous s’agite ou que nous ressentons une difficulté, ne nous forçons pas. Au contraire, accueillons cette part de nous en lui signifiant qu’elle a sa place. Nous pouvons réfléchir à cette phrase que nous aurions besoin d’entendre et nous la répéter intérieurement quelques fois sur l’inspiration. Puis un instant de pause pour prendre conscience de ce que cela éveille en nous, et ajuster si besoin. 

Prêt pour l’action

Une fois l’émotion accueillie, choisissons la première et la plus simple action  que nous puissions poser maintenant. En faisant ce choix, nous nous positionnons comme acteur de notre mise en mouvement.  Lorsque nous sommes dans l’action, prenons soin de ressentir les sensations que cela nous procure et de nous féliciter avec la même chaleur que nous l’aurions fait pour un ami… 

Vous l’avez testé un fois ou plusieurs fois : qu’avez-vous ressenti, quelle ressource avez-vous découverte en vous, qu’est-ce qui est plus facile maintenant?

N’hésitez pas à partager l’exercice avec d’autres 🙂