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L’éloge des petits pas

L’épreuve que nous vivons depuis un an,  dans le cadre des mesures liées à la pandémie, a le mérite de nous rappeler chaque matin que nous sommes en vie. L’aurions-nous oublié ?

Alors oui, par moments, la peur nous paralyse et c’est bien normal. Nous ressentons tous des émotions difficiles à des degrés divers. Et c’est utile car ces émotions sont des signaux indispensables à notre survie, ce sont des moteurs d’action. Le climat actuel est propice aux ressentis de peur car le contexte génère de nombreuse possibilités de percevoir, d’anticiper ou d’imaginer des dangers ou des menaces. A ce titre, la peur s’invite parce que c’est une émotion qui nous permet d’anticiper, qui nous prépare à combattre ou à fuir face à un danger potentiel.  Si la peur semble s’accentuer en même temps que la crise s’allonge c’est aussi parce que nous craignons de re-vivre à nouveau certaines situations éprouvantes déjà vécues il y a quelques mois.

UTILE MAIS POTENTIELLEMENT ENVAHISSANTE

Lorsque notre peur est en lien direct avec une situation de danger, elle nous met en position de trouver une solution en nous préparant à agir. Par contre, lorsque la peur est trop envahissante, elle nous empêche d’agir. C’est donc son intensité et sa durée qui font qu’elle peut devenir source de souffrance.

NOTRE REGARD INFLUENCE NOTRE PERCEPTION

Une autre difficulté vient de ce que notre peur trouve aussi son origine dans le regard que nous portons sur les situations qui se présentent.  Boris Cyrulnik dit à ce sujet que «ce qui nous fait peur, c’est l’idée que nous nous faisons des choses bien plus que la perception que nous en avons […] nos peurs sont pratiquement les productions de notre esprit. »  Croire qu’une situation peut s’avérer dangereuse pour nous traduit nos croyances ou réminiscences du passé que nous voudrions éviter de voir se répéter.

PRENDRE CONSCIENCE

Ainsi, si la capacité d’identifier nos émotions est centrale, l’aptitude à pacifier notre esprit et à nous libérer de l’angoisse l’est tout autant.  Nous pouvons entrainer notre capacité à prendre conscience de nos pensées et de nos émotions. Nous pouvons nous placer dans une position d’observateur neutre, attentif à notre expérience et à nos émotions sans nous laisser envahir par elles.

PACIFIER NOTRE ESPRIT

L’aptitude à pacifier notre esprit, nous permet de supporter plus facilement des moments pénibles comme ceux que nous vivons en ce moment. Ainsi, lorsque nous portons notre attention sur un objet, par exemple, le flux de notre respiration, nos pieds, la nature, notre état intérieur s’apaise progressivement. Ce changement intérieur a des répercussions bénéfiques sur notre manière de percevoir notre environnement extérieur et notamment, il facilite l’acceptation de contraintes telles que celles qui nous obligent à postposer certains de nos désirs.

FAIRE UNE PLACE A L’EMOTION

Accompagner et dépasser la peur liée à une situation difficile facilite la prochaine expérience de cette même situation. Autrement dit, nier nos émotions revient à les revoir surgir encore et encore. Alors qu’accepter pleinement qu’elles sont là, et leur faire un peu de place, nous permet de les dépasser. Car, c’est à la condition d’être prise en compte, que l’émotion pourra faire place à autre chose.

ACCEPTER ET AGIR

L’acceptation, nous met en capacité d’agir. Et, à ce moment, faire un seul premier ‘petit pas’, si minime soit-il, suffit à nous sortir de l’immobilisme où nous étions plongés.  Le langage, va encore faciliter cette phase, alors n’hésitez pas à dire à haute voix ce que vous décidez : ‘ j’y vais, je me lance, go ‘!

Nous possédons toutes et tous des capacités d’adaptation bien plus importantes que nous ne l’imaginons. Le monde bouge sans arrêt autour de nous, et depuis un an nous avons démontré que nous sommes capables de nous adapter continuellement : nouvelles façons de travailler, de nous déplacer, d’interagir avec nos proches, …

Alors, imaginez, l’espace d’un instant que votre état d’être intérieur est apaisé, que la peur a complètement disparu : que seriez-vous capable d’entreprendre ? Que feriez-vous de différent, sans hésiter ? Quel rêve serait à nouveau à votre portée ?

Prêt.e, testez, posez ce ‘premier petit pas’ et félicitez-vous de l’avoir fait 😊